L’acquisition d’un bien immobilier représente l’un des investissements les plus importants dans une vie. Entre la signature du compromis de vente et la remise des clés, plusieurs semaines s’écoulent, créant une zone d’incertitude pour la protection du bien. Pendant cette période de transition, le futur acquéreur se trouve dans une situation délicate : ni totalement propriétaire, ni totalement dégagé de toute responsabilité. Cette phase intermédiaire soulève une question essentielle pour tout acheteur prudent : à quel moment exact faut-il souscrire une assurance habitation pour garantir une couverture sans faille ? Les statistiques révèlent que près de 18% des transactions immobilières connaissent un incident pendant la période suspensive, démontrant l’importance d’anticiper cette protection.

La responsabilité du bien peut basculer de manière inattendue, notamment en cas de sinistre survenant après la signature du compromis mais avant l’acte authentique. Les tribunaux ont établi une jurisprudence claire sur ce point : dès la signature du compromis de vente, le futur acquéreur peut être considéré comme responsable des dommages affectant le bien dans certaines circonstances. Cette réalité juridique impose une vigilance particulière quant au moment opportun pour activer une couverture assurantielle adaptée.

Le délai de carence entre la signature du compromis de vente et la souscription de l’assurance habitation

La période qui s’étend entre la signature du compromis de vente et l’acte authentique constitue une zone grise pour la couverture assurantielle. Cette phase, d’une durée moyenne de 60 à 90 jours, expose le bien à des risques multiples sans que la responsabilité soit toujours clairement établie. Contrairement aux idées reçues, le vendeur n’est pas systématiquement tenu de maintenir son assurance jusqu’à la signature définitive, créant ainsi un vide potentiel de protection.

Dans la pratique, nombreux sont les acquéreurs qui attendent la remise des clés pour souscrire leur assurance habitation, une erreur stratégique qui peut s’avérer coûteuse. Les compagnies d’assurance proposent désormais des formules spécifiques permettant d’anticiper cette couverture dès la signature du compromis, avec une activation automatique à la date de l’acte authentique. Cette approche proactive offre une tranquillité d’esprit incomparable et évite tout litige concernant la responsabilité en cas de sinistre pendant la période suspensive.

La période de rétractation de 10 jours après le compromis de vente

Le délai de rétractation légal de 10 jours suivant la signature du compromis de vente constitue une première étape cruciale dans le processus d’acquisition. Pendant cette période, l’acquéreur peut se retirer sans justification et récupérer l’intégralité de son dépôt de garantie. Cette faculté de rétractation rend prématurée toute souscription d’assurance avant l’expiration de ce délai, puisque la transaction pourrait être annulée sans conséquence.

Cependant, dès le 11ème jour suivant la signature du compromis, la situation change radicalement. L’acquéreur se trouve alors engagé contractuellement, sauf en cas de non-réalisation des conditions suspensives. C’est précisément à ce moment que la question de l’assurance devient pertinente. Les professionnels recommandent de prendre contact avec un assureur dès cette période pour préparer la souscription, tout en fixant la date d’effet au jour de l’acte authentique ou légèrement avant si des visites du

logement ou des travaux préparatoires sont prévus. Vous pouvez ainsi éviter toute période sans couverture, tout en respectant votre droit de rétractation. En pratique, il est judicieux de comparer plusieurs devis dès la signature du compromis, puis de finaliser la souscription juste après le délai de 10 jours, en précisant une date de prise d’effet calée sur le calendrier notarial.

Le délai moyen d’obtention du prêt immobilier et son impact sur la couverture

Le délai d’obtention du prêt immobilier varie généralement entre 30 et 60 jours à compter de la signature du compromis de vente. Pendant cette phase, la réalisation de la vente dépend directement de l’accord de la banque, ce qui peut inciter certains acquéreurs à repousser la souscription de l’assurance habitation. Pourtant, les risques matériels (incendie, dégât des eaux, catastrophe naturelle) ne disparaissent pas pour autant et peuvent avoir des conséquences financières lourdes si le bien est déjà considéré comme sous votre responsabilité.

Il est donc prudent d’anticiper l’assurance habitation en parallèle de votre demande de prêt, plutôt que d’attendre l’offre définitive. La plupart des compagnies d’assurance acceptent d’adosser la prise d’effet du contrat à la date de signature de l’acte authentique, voire de la devancer de quelques jours. Cette souplesse permet de ne payer aucune prime tant que la vente n’est pas définitivement conclue, tout en sécurisant une couverture immédiate dès que la propriété vous est juridiquement transférée.

En cas de refus de prêt, l’une des conditions suspensives prévues au compromis joue, et la vente est annulée sans pénalité pour l’acheteur. Dans ce scénario, un contrat d’assurance habitation programmé mais non encore entré en vigueur peut simplement être ajusté ou annulé, sans frais dans la plupart des cas. Vous évitez ainsi la double peine : absence de financement et absence de protection si un sinistre survient à un moment charnière.

Les risques juridiques pendant la phase suspensive de la vente

La phase suspensive, encadrée par les conditions mentionnées dans le compromis (obtention du prêt, absence de servitudes cachées, droit de préemption, etc.), est souvent perçue comme un simple intervalle administratif. En réalité, elle concentre des risques juridiques importants pour le futur acquéreur. En vertu de l’article 1196 du Code civil, la propriété et les risques peuvent être réputés transférés dès l’accord sur la chose et sur le prix, sauf clause contraire dans le compromis de vente.

Concrètement, cela signifie qu’en cas de sinistre majeur touchant le logement (incendie, effondrement de toiture, inondation) entre le compromis et l’acte définitif, la question de savoir qui doit supporter la charge financière peut se poser avec acuité. Les tribunaux examinent alors les clauses du compromis, la date de transfert des risques et l’existence ou non d’une assurance habitation active. Sans couverture adaptée, vous vous exposez à des litiges complexes avec le vendeur, l’assureur de ce dernier et parfois même la banque.

Pour limiter ces risques juridiques, il est recommandé de faire préciser dans le compromis la répartition des responsabilités en cas de sinistre avant l’acte authentique. Une clause bien rédigée, combinée à une assurance habitation programmée à la bonne date, vous évite de longues négociations ou un contentieux coûteux. Comme un filet de sécurité sous un funambule, cette double protection contractuelle et assurantielle vous permet de traverser la période suspensive avec davantage de sérénité.

La responsabilité civile du futur acquéreur avant la signature définitive chez le notaire

On pense souvent à l’assurance habitation pour la protection du bien immobilier lui-même, mais la responsabilité civile du futur acquéreur ne doit pas être négligée. Dès lors que vous commencez à intervenir dans le logement (mesures, visites avec des artisans, début de travaux autorisés, stockage de matériaux), vous pouvez causer des dommages à des tiers : voisin incommodé par un dégât des eaux, chute d’un visiteur dans l’escalier, détérioration des parties communes en copropriété.

Si le vendeur maintient son assurance, sa garantie responsabilité civile peut ne pas couvrir les actes ou négligences du futur acquéreur, surtout si ceux-ci sont clairement identifiés comme étant à votre initiative. Dans ce cas, c’est votre propre responsabilité civile, souvent incluse dans votre assurance habitation actuelle (pour votre logement de départ), qui peut être mise à contribution, à condition que les activités en cause soient couvertes. D’où l’intérêt d’informer votre assureur le plus tôt possible de votre projet d’acquisition.

Une solution fréquemment adoptée consiste à demander à son assureur d’étendre temporairement la garantie responsabilité civile à ce nouveau bien pendant la phase de transition. Vous évitez ainsi un « trou de couverture » entre l’ancien et le nouveau logement. Là encore, une discussion en amont avec votre assureur permet d’ajuster au mieux les dates d’effet, les montants de garantie et les conditions d’intervention, pour que votre responsabilité ne reste jamais à découvert.

Les garanties obligatoires et facultatives à souscrire avant la remise des clés

Une fois la question du calendrier clarifiée, reste à déterminer quelles garanties d’assurance habitation sont indispensables avant la remise des clés. Selon que le bien est en copropriété, en maison individuelle, ancien ou neuf, les besoins ne seront pas les mêmes. Pourtant, un socle commun de protections doit être envisagé systématiquement afin d’éviter les mauvaises surprises en cas de sinistre survenant dès les premiers jours d’occupation.

Vous vous demandez quelles garanties prioriser pour sécuriser votre acquisition immobilière sans exploser votre budget ? L’enjeu consiste à trouver le bon équilibre entre garanties de base et options complémentaires, en fonction de votre profil (primo-accédant, investisseur locatif, résidence principale ou secondaire) et de la localisation du bien. Une vision globale, incluant aussi votre assurance emprunteur, permet d’optimiser votre niveau de couverture.

L’assurance multirisque habitation (MRH) et ses garanties de base

L’assurance Multirisque Habitation (MRH) constitue la pierre angulaire de votre protection en tant que futur propriétaire. Elle regroupe, dans un même contrat, la couverture des dommages au bâtiment, des biens mobiliers et la responsabilité civile du foyer. Avant la remise des clés, il est essentiel de vérifier que les garanties de base incluent au minimum l’incendie, les dégâts des eaux, le vol et vandalisme, ainsi que les événements climatiques (tempête, grêle, poids de la neige).

La MRH comporte également une garantie responsabilité civile vie privée, indispensable pour couvrir les dommages causés aux voisins ou à des tiers dans le cadre de votre vie quotidienne. Dès votre entrée dans les lieux, cette protection joue un rôle majeur, notamment en cas de fuite d’eau impactant un appartement du dessous ou un incendie se propageant à une maison voisine. Sans cette garantie, vous devriez assumer personnellement des montants de réparation souvent très élevés.

Enfin, de nombreuses MRH intègrent des services d’assistance : dépannage d’urgence, relogement temporaire, prise en charge de certains frais annexes. Ces prestations prennent tout leur sens dans les premières semaines suivant l’achat, période durant laquelle vous êtes particulièrement vulnérable à un incident qui pourrait retarder votre emménagement ou compliquer vos travaux. Prendre le temps de lire les conditions particulières et de poser des questions à votre assureur vous permettra de choisir une MRH réellement adaptée à votre nouveau bien.

La garantie dommages-ouvrage pour les biens en VEFA ou construction récente

Si vous achetez un bien en VEFA (vente en l’état futur d’achèvement) ou une maison neuve, la question de la garantie dommages-ouvrage est centrale. Obligatoire pour le maître d’ouvrage lors de la construction, cette assurance a pour objectif de financer rapidement les travaux de réparation des désordres relevant de la garantie décennale (solidité de l’ouvrage, impropriété à destination), sans attendre qu’un tribunal se prononce sur les responsabilités. Elle constitue en quelque sorte une « avance de fonds » en cas de gros sinistre structurel.

Dans le cadre d’une acquisition en VEFA, c’est en principe au promoteur de souscrire cette assurance dommages-ouvrage avant le démarrage du chantier. Toutefois, il est fortement recommandé de vérifier la réalité de cette souscription et de demander les justificatifs correspondants avant de signer l’acte authentique. En cas de construction individuelle, si le vendeur a fait édifier la maison récemment, il doit également avoir mis en place cette couverture ; à défaut, vous vous exposeriez à des difficultés sérieuses en cas de malfaçon lourde.

Pour un futur acquéreur, la garantie dommages-ouvrage et la garantie décennale sont complémentaires à l’assurance habitation. Tandis que la MRH couvre les sinistres accidentels (incendie, dégâts des eaux, tempête), la dommages-ouvrage intervient pour les désordres de construction graves, parfois plusieurs années après la livraison. Comme les deux roues d’un même vélo, elles fonctionnent de concert pour assurer à la fois le court terme et le long terme de votre investissement immobilier.

L’assurance protection juridique en cas de litige avec le vendeur

L’achat d’un bien immobilier peut malheureusement s’accompagner de litiges avec le vendeur : vices cachés découverts après coup, non-conformité du bien à ce qui était annoncé, contestation de travaux réalisés sans autorisation, etc. Dans ce contexte, une assurance protection juridique constitue un atout précieux pour défendre vos intérêts sans supporter seul le coût d’une procédure. Elle prend en charge, dans certaines limites, les frais d’avocat, d’expertise et de justice nécessaires.

Cette garantie peut être incluse dans votre contrat d’assurance habitation ou proposée en option distincte. Idéalement, elle doit être active dès l’acquisition du bien, voire légèrement en amont si votre assureur l’accepte, afin de couvrir d’éventuels litiges naissant pendant la phase de signature ou immédiatement après la remise des clés. Une simple clause mal comprise dans l’acte de vente peut donner lieu à une interprétation divergente entre vous et le vendeur ; disposer d’un accompagnement juridique facilite grandement la résolution du différend.

En pratique, l’assurance protection juridique ne se substitue pas au rôle du notaire, mais vient en complément. Là où le notaire veille à la conformité de l’acte, la protection juridique vous accompagne dans la durée, lorsque des problèmes apparaissent au fil des mois. Pour un coût modéré, elle vous offre un accès facilité à des conseils spécialisés et à une prise en charge financière en cas de contentieux, ce qui peut faire toute la différence face à un vendeur réticent ou de mauvaise foi.

La garantie des catastrophes naturelles et technologiques selon la zone géographique

Selon la localisation de votre futur logement, certains risques spécifiques doivent être pris en compte lors de la souscription de votre assurance habitation. Inondations en zone inondable, mouvements de terrain, séismes, tempêtes violentes ou encore risques industriels à proximité d’un site classé Seveso : autant de menaces qui peuvent justifier une attention particulière aux garanties catastrophes naturelles et technologiques. En France, ces garanties sont souvent adossées à la garantie incendie dans les contrats MRH, mais leurs modalités d’indemnisation restent encadrées par la réglementation.

Avant de finaliser votre contrat, il est recommandé de consulter les documents d’information fournis par la mairie ou le notaire, comme l’état des risques (ERP), qui recense les risques naturels, miniers et technologiques affectant le bien. Ces informations vous aideront à vérifier si votre assurance habitation prévoit des plafonds de garantie suffisants et des franchises raisonnables pour ces événements. Un logement en zone inondable, par exemple, nécessite une vigilance accrue sur la prise en charge des dégâts des eaux consécutifs à une crue exceptionnelle.

En cas de sinistre reconnu comme catastrophe naturelle ou technologique par arrêté interministériel, une indemnisation spécifique s’applique, avec des délais et des procédures propres. Anticiper ces aspects avec votre assureur, dès l’achat du bien, vous évite de découvrir au pire moment que votre couverture est insuffisante. Comme une ceinture de sécurité que l’on attache avant de démarrer, cette préparation vous protège si un événement majeur survient dans les premiers mois de votre installation.

La coordination entre l’assurance emprunteur et l’assurance habitation lors de l’acquisition

L’acquisition d’un bien immobilier s’accompagne souvent de la souscription d’un prêt, et donc d’une assurance emprunteur. Cette dernière couvre la banque (et indirectement votre famille) en cas de décès, d’invalidité ou, selon les contrats, de perte d’emploi de l’emprunteur. Il est essentiel de coordonner cette assurance de prêt avec votre assurance habitation, afin que les deux dispositifs se complètent harmonieusement sans laisser de zone d’ombre dans votre protection globale.

Concrètement, l’assurance emprunteur garantit le remboursement du capital restant dû en cas d’événement grave vous empêchant de faire face aux échéances. L’assurance habitation, elle, protège la valeur du bien contre les sinistres matériels et engage votre responsabilité civile. En cas d’incendie majeur, par exemple, la MRH prendra en charge la reconstruction ou la réparation du logement, tandis que l’assurance emprunteur continuera à couvrir vos mensualités si vous êtes placé en invalidité à la suite de l’événement.

Pour éviter les chevauchements inutiles ou les « trous » dans votre couverture, prenez le temps, lors de la mise en place du prêt, de faire le point avec votre conseiller bancaire et votre assureur habitation. Vous pouvez par exemple vérifier que le montant assuré en emprunteur correspond bien au capital emprunté et que la valeur déclarée du bien dans votre MRH est réaliste. Cette coordination permet aussi d’adapter vos franchises et plafonds d’indemnisation, afin de maîtriser le coût global de votre protection tout en restant correctement couvert.

Les documents contractuels requis par le notaire pour valider la prise d’effet immédiate

Le jour de la signature de l’acte authentique, le notaire veille à ce que toutes les conditions soient réunies pour un transfert de propriété sécurisé. Parmi ces conditions, la question de l’assurance habitation occupe une place croissante, notamment pour les biens en copropriété ou financés par un prêt immobilier. Certains notaires exigent expressément une preuve de couverture, afin d’éviter qu’un sinistre ne survienne immédiatement après la vente sans qu’aucune assurance ne soit en place.

Pour vous préparer sereinement à ce rendez-vous, il est utile de connaître à l’avance les documents que le notaire est susceptible de demander. Une bonne anticipation de ces pièces permet de garantir une prise d’effet immédiate de votre contrat d’assurance habitation, en parfaite adéquation avec la date et l’heure de signature de l’acte authentique. Vous limitez ainsi le risque de report de la vente ou de tension de dernière minute avec le vendeur ou la banque.

L’attestation d’assurance provisoire valable dès la signature de l’acte authentique

L’un des documents les plus fréquemment exigés par le notaire est l’attestation d’assurance provisoire. Délivrée par votre assureur, elle confirme que vous avez bien souscrit une assurance habitation pour le bien concerné, avec une date de prise d’effet coïncidant avec la signature de l’acte authentique. Elle mentionne généralement l’adresse du logement, le nom de l’assuré, la nature de la couverture et parfois les principales garanties incluses.

Cette attestation d’assurance pour acte de vente peut être obtenue rapidement, souvent par voie électronique, dès lors que vous avez finalisé la souscription et validé les conditions particulières du contrat. Vous pouvez ainsi la transmettre au notaire en amont du rendez-vous, ce qui facilite la préparation de l’acte et rassure l’ensemble des parties, y compris la banque lorsqu’un prêt immobilier est mobilisé. En cas de sinistre survenant quelques heures seulement après la signature, vous avez la certitude que la couverture est déjà active.

Dans certains cas, l’attestation peut être assortie de conditions particulières, notamment lorsque des travaux importants sont prévus immédiatement après l’achat. Il est alors essentiel de vérifier que ces travaux ne remettent pas en cause l’efficacité de la garantie ou n’exigent pas une extension spécifique (par exemple une couverture chantier ou une option propriétaire non occupant temporaire). Un échange clair avec votre assureur sur ce point vous évite de mauvaises surprises.

Le questionnaire de souscription et l’évaluation des biens mobiliers

Avant de délivrer l’attestation d’assurance, la compagnie vous demandera de remplir un questionnaire de souscription. Ce document permet d’évaluer précisément le risque à assurer : type de bien (maison, appartement), superficie, situation géographique, niveau de sécurité (porte blindée, alarme, etc.), mode d’occupation (résidence principale, secondaire, location). Vos réponses conditionnent le montant de la prime, mais aussi l’étendue de la couverture et les plafonds d’indemnisation.

Une partie importante de ce questionnaire concerne la valeur de vos biens mobiliers : meubles, électroménager, équipements multimédias, objets de valeur, etc. Même si vous n’emménagez pas immédiatement, il est pertinent d’anticiper la valeur des biens qui seront présents dans le logement dès votre installation. Sous-estimer cette valeur peut réduire vos indemnités en cas de sinistre, tandis que la surestimer augmente inutilement le coût de l’assurance habitation.

Pour trouver le juste milieu, vous pouvez dresser un inventaire approximatif de vos biens actuels et des futurs achats prévus pour le nouveau logement. Cette démarche, un peu fastidieuse sur le moment, vous fera gagner un temps précieux en cas d’expertise après un sinistre. De plus, elle permet d’identifier les objets nécessitant une garantie spécifique (bijoux, œuvres d’art, matériel professionnel), qui devront parfois être déclarés séparément ou assurés via des options dédiées.

La clause bénéficiaire et les ayants droit en cas de sinistre pendant la transition

Contrairement à l’assurance vie, la plupart des contrats d’assurance habitation ne prévoient pas de clause bénéficiaire à proprement parler. Néanmoins, la question des ayants droit et de la répartition de l’indemnité en cas de sinistre pendant une période de transition (décès de l’acquéreur avant l’acte, vente à plusieurs, indivision, etc.) mérite d’être clarifiée. En effet, si un sinistre majeur survient alors que la vente est en cours ou tout juste finalisée, qui percevra l’indemnisation et selon quelles modalités ?

Dans le cadre d’un achat à deux (couple marié, pacsé ou concubin), il est important de vérifier que les deux co-acquéreurs sont bien mentionnés au contrat d’assurance habitation ou que le régime matrimonial applicable est pris en compte. En cas de décès de l’un des acquéreurs peu après la signature, l’indemnité versée par l’assureur sera alors intégrée à la succession ou à l’indivision selon les règles de droit commun. L’assurance emprunteur, de son côté, pourra solder tout ou partie du prêt, évitant un cumul de dettes et de frais pour les survivants.

Si vous achetez via une SCI ou dans le cadre d’une succession complexe, il est vivement conseillé d’évoquer la question des ayants droit avec votre notaire et votre assureur. Ils pourront vous aider à sécuriser la transmission des droits à indemnisation en cas de sinistre, de façon cohérente avec la structure juridique choisie pour l’acquisition. Cette anticipation, souvent négligée, évite des situations délicates où l’indemnité d’assurance devient elle-même source de conflit entre héritiers ou associés.

La continuité de couverture entre l’ancien et le nouveau logement en cas de chevauchement

Dans de nombreuses situations, la vente d’un logement et l’achat d’un nouveau ne s’enchaînent pas parfaitement le même jour. Il peut y avoir quelques semaines – parfois quelques mois – de chevauchement pendant lesquels vous êtes encore assuré sur votre ancien logement tout en ayant besoin d’une assurance habitation pour le nouveau. Gérer cette période délicate est essentiel pour éviter à la fois les doublons coûteux et les périodes sans couverture.

La plupart des assureurs prévoient des solutions de transition : maintien temporaire des garanties sur l’ancien logement, extension de la couverture à la nouvelle adresse, adaptation du contrat en mode « multi-adresses » le temps du déménagement. Vous pouvez, par exemple, conserver une formule allégée sur le bien que vous quittez (propriétaire non occupant, garanties réduites) tout en activant une protection complète sur le nouveau logement. Cette organisation permet de sécuriser les deux biens, y compris pendant les allers-retours liés au déménagement.

Il est conseillé de prévenir votre assureur dès que la date de signature des actes est connue, afin de programmer simultanément la résiliation ou la modification du contrat de l’ancien logement et la mise en place de la nouvelle police. Un simple décalage de quelques jours dans les dates d’effet peut suffire à créer un « trou » de garantie sur l’un ou l’autre logement. En planifiant cette transition comme un véritable projet logistique, vous gardez la maîtrise de votre couverture et évitez les mauvaises surprises en cas de sinistre survenant au pire moment.

Les recours et indemnisations en cas de sinistre survenu pendant la période de transition contractuelle

Malgré toutes les précautions prises, un sinistre peut survenir pendant la période de transition entre compromis et acte authentique, ou entre l’ancien et le nouveau logement. Dans ce cas, la première étape consiste à déclarer le sinistre sans délai à l’assureur que vous estimez concerné (celui du vendeur, le vôtre, ou les deux si nécessaire). La déclaration doit être effectuée dans les délais contractuels, généralement 5 jours ouvrés pour un dégât des eaux ou un incendie, 2 jours pour un vol.

La question centrale sera alors de déterminer qui était responsable du bien au moment du sinistre et quelle assurance était effectivement en vigueur. Les assureurs s’appuieront sur les dates de signature des actes, les clauses du compromis de vente et les pièces justificatives (attestations, avis d’échéance) pour trancher. Il n’est pas rare que deux compagnies interviennent conjointement, chacune prenant en charge une partie du préjudice, notamment lorsque le sinistre a des conséquences chez des tiers (copropriété, voisins).

Si vous estimez que l’indemnisation proposée est insuffisante ou que la responsabilité a été mal appréciée, plusieurs recours sont possibles : contestation amiable auprès de l’assureur, saisine du service réclamation puis du médiateur de l’assurance, voire action en justice en dernier ressort. Une assurance protection juridique, évoquée plus haut, peut alors jouer un rôle clé en vous accompagnant dans ces démarches. L’objectif est de faire reconnaître votre droit à une indemnisation juste, conforme aux garanties souscrites et aux textes applicables.

Enfin, il ne faut pas oublier que le vendeur demeure tenu d’une certaine garantie vis-à-vis de l’acquéreur, notamment en cas de vice caché ou de manquement à son obligation d’information. Si le sinistre met en lumière un défaut ancien du bien (installation électrique dangereuse, problème de structure dissimulé), une action spécifique contre le vendeur peut être envisagée parallèlement à la procédure d’indemnisation auprès de l’assureur. Là encore, l’anticipation et la bonne coordination entre notaire, assureur et éventuels conseils juridiques vous permettront de défendre efficacement vos intérêts.